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Dissertation Apologue Argumentation Efficace Traduction




DISSERTATION : L’apologue vous parait-il une forme d’argumentation efficace ?

INTRODUCTION
Un apologue est un récit qui a pour fonction d’illustrer une leçon morale qui peut être formulée explicitement. La visée de l’apologue est donc argumentative. L’apologue propose des personnages et dessituations symboliques, représentatifs de la morale que l’auteur veut en dégager. Nous verrons ainsi en première partie les qualités de l’apologue, qui font de lui une forme d’argumentation particulièrement efficace, puis nous montrerons en seconde partie qu’il court cependant le risque d’être ambigu. Enfin dans une troisième partie nous le comparerons aux autres genres argumentatifs.

I- lesqualités de l’apologue, qui font de lui une forme d’argumentation particulièrement efficace :
L’apologue peut être une forme d’argumentation efficace en raison de ses qualités essentiels : c’est en effet un genre plaisant, qui articule une morale à un récit vivant, bref et clair. L’apologue nécessite d’abord que le récit enrobant la morale soit aussi plaisant que possible. C’est ainsi que se genre estutilisée pour être humoristique ou ironiques car amuser le public permet a l’auteur de le préparer à accepter la morale du conte, Jean de la fontaine utilise souvent l’humour dan ses fables pour faire appel au bon sens du lecteur. La satire, qui dénonce les défauts des hommes et les abus auxquels leur condition les conduit, contribue elle aussi à rendre l’apologue humoristique. Chez la Fontaine,c’est le milieu hypocrite et injuste de la cour qui fournit bien souvent la cible de la satire, comme le montre la fable Les Obsèques de la lionne, qui met en scène le succès que l’on rencontre en mentant devant les rois. Les animaux malades de la peste dénoncent de même les « jugements de cour », capables de condamner l’innocent au mépris de toute équité.
Mais l’apologue ne tire pas seulementsa force de sa drôlerie : celle-ci est fréquente, mais n’est pas essentielle à ce genre. Son pouvoir de persuasion lui vient tout autant de sa clarté. En effet le récit bref ne souffre pas de grandes difficultés : le nombre de personnages est souvent restreint, et l’intrigue offre le minimum de prolongements et de rebondissements : ainsi de la fable du Corbeau et du Renard, qui se contente de 2personnages et dont la péripétie conduit à une simple inversion des positions, entre celui qui possède le fromage et celui qui ne le possède pas. C’est la parole du renard qui a opéré ce renversement, illustrant bien sûr le pouvoir de la flatterie.
Drôle parfois, bref et clair toujours, l’apologue est de plus un genre argumentatif concret, qui met en situation la morale et se préserve donc d’unetrop grande abstraction. Il peut ainsi prétendre à une audience universelle. Cette qualité explique par exemple le choix de genres enfantins comme la fable pour La Fontaine, ou le conte pour Perrault, et le succès de ces auteurs face à un jeune public. Le conte de Perrault, le petit Chaperon rouge, met ainsi en scène de la manière la plus concrète qui soit l’avertissement bien souvent donné auxjeunes filles par leurs parents, de ne pas faire confiance aux inconnu dans se compte on remarque que le loups tente de séduire le petit chaperon rouge pour l’inciter à désobéir à ses parent et la manger on peut donc remarquer que l’apologue sert aussi a donné des conseils.
Drôle, simple et concret, d’un côté, capable d’enseigner des valeurs universelles de l’autre, l’apologue a donc toutes lesqualités pour séduire le public le plus large. Cependant, l’articulation du récit à la morale y est délicate, et là réside sans doute son point faible.
II-L’apologue court le risque d’etre cependant complexe:
En effet l’apologue recourt au fond à une vérité cachée (au moins provisoirement) que le lecteur doit découvrir. La morale n’en est pas nécessairement exprimé, elle peut être diffuse dans le...

Corrigé

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« L’écrivain sait que toute parole est action », affirme Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ? Il a ainsi « longtemps pris [sa] plume pour une épée », comme l’ont fait Voltaire, Diderot, Zola, qui connaissaient l’efficacité argumentative de la littérature pour critiquer l’homme et la société. Mais tout écrivain doit choisir la stratégie à adopter pour mener ce combat. L’argumentation directe est-elle un bon moyen pour critiquer l’homme et la société ? À coup sûr, elle présente beaucoup d’atouts pour emporter l’adhésion du lecteur . Mais les autres formes d’argumentation – notamment indirecte – sont elles aussi très efficaces . Laquelle donne le plus de force à la critique ? Cela dépend de nombreux paramètres dont il faut tenir compte avant de choisir l’une ou l’autre .

I. La force et les atouts de l’argumentation directe : convaincre

1. La diversité des genres de l’argumentation directe

  • Les les , qui abordent de multiples sujets – politique, social, philosophique et religieux… –, se prêtent à l’ (Traité sur la tolérance, de Voltaire), d’une institution (la justice par exemple). Dans l’, l’auteur s’engage pour soutenir sa thèse ; le , lui, obéit à une volonté (L’Esprit des lois, de Montesquieu ; Émile, de Rousseau).
  • L’argumentation directe peut prendre une , qui permet la  : celle du , pratiqué dès l’Antiquité (dialogues de Platon) et populaire au e siècle (Le Neveu de Rameau, de Diderot).
  • Elle peut avoir un à travers le , qui s’adresse à un public collectif et s’appuie sur les (discours de Hugo « Sur la misère » en 1849 devant l’Assemblée, ou de Robert Badinter en 1981 pour l’abolition de la peine de mort en France).

2. L’efficacité de l’argumentation directe pour critiquer

  • Le sujet abordé est clair ; la thèse est exposée au premier degré [exemples personnels]. La démarche déductive, qui part d’une idée générale, d’une thèse et en fournit des illustrations, est inspirée par les raisonnements mathématiques (réseau de causes, de conséquences, de concessions, d’oppositions…) dont elle a la rigueur et la solide structure « thèse-arguments-exemples ». C’est la forme que privilégient pour traiter de Pascal dans ses Pensées au e siècle, Rousseau (Émile ou de l’Éducation), Montesquieu (L’Esprit des lois), Voltaire (Traité sur la tolérance) au e siècle.
  • Tout cela limite ou  d’interprétation de la part du lecteur et . L’auteur vise l’ en couvrant la totalité du sujet et en le présentant sous plusieurs angles, notamment dans les dialogues (Supplément au Voyage de Bougainville, de Diderot).
  • La rigueur et la volonté d’objectivité de l’argumentation directe , qui a le loisir d’ajouter une dimension personnelle à son argumentation, ce qui peut renforcer l’intérêt du lecteur et provoquer ses réactions (hostiles ou favorables) [exemples personnels].

II. La concurrence de l’argumentation indirecte : persuader

Mais, pour argumenter, il faut aussi « plaire » (La Fontaine).

1. La diversité des genres de l’argumentation indirecte

  • L’ prend diverses formes : les – avec leurs animaux, objets, végétaux qui composent un monde merveilleux [exemples], les du e siècle, souvent plaisants, à l’action mouvementée et à portée morale ou philosophique (Voltaire, Candide, Zadig), l’, description d’un monde idéal qui permet de critiquer la société [exemples].
  • L’argumentation indirecte peut prendre la forme animée du , qui, selon Hugo, « est une tribune » ; fiction « jouée », il donne l’illusion de la réalité. Ainsi Marivaux, dans L’Île des esclaves, met une utopie sur scène pour critiquer le comportement des « maîtres ».
  • Le , qui recrée tout un monde, peut aussi prendre une portée sociale : la description de la misère des mineurs par Zola dans Germinal est une critique du capital et une défense des démunis.

2. L’efficacité de l’argumentation indirecte pour critiquer

  • Argumenter indirectement, c’est répondre au et s’adresser à leur , à leur avant de parler à leur esprit : on s’intéresse aux personnages, aux rebondissements, à l’action… [exemples]. Cela permet l’évasion dans d’autres mondes, parfois merveilleux (fables de La Fontaine, l’Eldorado dans Candide). La possibles est  : humoristique, ironique, pathétique, polémique… si bien qu’elle touche un public très divers.
  • L’argumentation indirecte propose des , incarnées, plus . Elle évite le discours théorique et le ton didactique, touche ainsi un large public, de tous les âges (les fables plaisent aux enfants et aux adultes).
  • Elle  : un lecteur admet aisément la critique d’un personnage différent de lui, venu d’un monde fictif (animaux, végétaux, dans les fables, les contes) ; une fois le récit fini, la transposition lui est imposée. Au théâtre, le « message » implicite s’impose avec d’autant plus de force au spectateur que le personnage est vu et entendu [exemples].
  • L’auteur peut aussi ses personnages et les , en faire des victimes ou les rendre totalement sympathiques (Fantine dans Les Misérables) ou particulièrement odieux (Javert dans LesMisérables).
  • Elle implique une  : le lecteur a un rôle actif ; il doit décoder les intentions de l’auteur, implicite (le message de Germinal chez Zola ou de Rhinocéros chez Ionesco).
  • Enfin, l’argumentation indirecte pour se défendre de la censure (Les Lettres persanes, de Montesquieu).

III. Que choisir ? Cela dépend…

Chacune de ces stratégies a ses atouts mais aussi ses limites

1. Chacune de ces stratégies n’a-t-elle pas des limites ?

  • L’ est parfois , voire rébarbative par sa rigueur, son abstraction. Elle aussi , cultivé et donc limité. Enfin, trop directe, elle peut choquer par son parti pris qui heurte les convictions du lecteur [exemples].
  • L’ présente le risque d’une par un lecteur peu averti. Ainsi Rousseau pense que les fables de La Fontaine ne conviennent pas aux enfants qui admirent le Renard au lieu de plaindre le Corbeau. L’implicite et l’humour sont parfois difficiles à discerner ; l’ironie (contes philosophiques ; « De l’esclavage des Nègres », de Montesquieu) exige recul et distanciation. Par ailleurs, pour être efficace,  : la séduction excessive d’une « histoire » à laquelle on s’attache pour elle-même risque de faire passer la « morale » à l’arrière-plan [exemples]. Elle doit aussi d’une réalité complexe, un grossissement sans nuances qui ferait que l’on n’y « croit pas ».

2. Un choix qui dépend de certains facteurs

Avant de choisir, il faut tenir compte de divers paramètres.

  • L’écrivain doit , des goûts et de la sensibilité de  : s’agit-il d’un public jeune ? mûr ? « spécialisé » ? À chaque époque correspond une stratégie différente. Le e siècle, brillant, léger, apprécie les démonstrations indirectes et ironiques des contes philosophiques [exemples] ; la fin du e siècle, scientiste et positiviste, se reconnaît dans des essais fouillés et argumentés.
  • Le choix du type d’argumentation dépend aussi de la  : un écrivain fantaisiste, imaginatif, comme La Fontaine, prend plaisir à argumenter à travers une « histoire » ; tel autre, plus sérieux, comme d’Alembert, préfère s’exprimer directement.

3. La combinaison des deux types d’argumentations ?

  • , selon leur public et le contexte : Montesquieu est l’auteur des Lettres persanes (roman épistolaire fictif qui fait la satire humoristique des mœurs mais aussi du pouvoir politique et religieux de son temps) et de L’Esprit des lois, traité de sociologie et de philosophie politiques ; Hugo argumente indirectement dans son roman Les Misérables et directement dans ses discours politiques.
  • , enfin,  : ainsi, dans une pièce de théâtre ou un roman, dans un conte philosophique, il arrive qu’un personnage, porte-parole de l’auteur, argumente directement (Marceline, dans Le Mariage de Figaro, dénonce le sort injuste réservé aux femmes). Inversement, certains discours ou essais développent des exemples qui se présentent comme de véritables petits apologues.

Conclusion

Finalement, argumentation directe ou indirecte ? On ne saurait répondre de façon catégorique. Chaque stratégie a ses atouts : clarté, rigueur et limpidité pour l’une, agrément et implication du lecteur pour l’autre. Leur efficacité dépend de nombreux facteurs (contexte, aptitudes du créateur, sensibilité du destinataire…) et c’est sans doute la conjonction des deux stratégies qui permet de donner de la force à une critique et d’engager toutes les sortes de public dans les débats d’idées.

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